Sous le couvert d’un pseudonyme — Benassar, — un homme de la classe politique traditionnelle dont les sympathies semblent avoir glissé de Kamal Joumblatt au président Hafez El-Assad livre ses confidences. Dans son livre, on rencontrera l’ « élégant » Chamoun, le « visionnaire » Joumblatt, le « dissimulateur » Arafat, le « bonhomme » Gémayel et un « chat sauvage » nommé Soleiman Frangié.
Sous le couvert d’un pseudonyme — Benassar, — un homme de la classe politique traditionnelle dont les sympathies semblent avoir glissé de Kamal Joumblatt au président Hafez El-Assad livre ses confidences. Dans son livre, on rencontrera l’ « élégant » Chamoun, le « visionnaire » Joumblatt, le « dissimulateur » Arafat, le « bonhomme » Gémayel et un « chat sauvage » nommé Soleiman Frangié.
Par-delà des anecdotes plus ou moins confuses pour un lecteur français, Benassar développe une thèse précise : selon lui le « lâchage » américain de la communauté maronite au profit de la droite musulmane pendant la première année de la guerre civile représente l’une des clés de voûte du conflit. La faiblesse et l’incurie du pouvoir libanais — qui aurait laissé le pays se transformer en « repaire du terrorisme international » ; — auraient poussé les Etats-Unis, sur l’instigation de leur ambassadeur Godley, à sacrifier les chrétiens du Liban pour que Palestiniens et Israéliens puissent enfin vivre en paix au Proche-Orient. Le retournement américain, rendant possible l’intervention antipalestinienne de la Syrie un juin 1976, se réalisera lorsqu’il apparaîtra que l’influence de la droite musulmane est battue en brèche par celle de la gauche libanaise dirigée par Kamal Joumblatt. Tel est, à travers un texte souvent broussailleux, le développement le plus intéressant du livre de Benassar.
Source: « Les multiples facettes de la guerre civile libanaise » par Sélim Turquié, Le Monde Diplomatique, septembre 1978, page 17.